Foot business (EP.9)

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Informations techniques
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Saison 1
Episode 9
Date de sortie 09/07/2014
Durée 3:08

Script

rigtLa valeur n'attend pas le nombre des années mais bien le montant du cachet. Bonjour !

Prenons un chiffre rond, tiens : 46.000 euros. C'est le salaire mensuel moyen d'un footballeur français en 2012. Certes, c'est presque 36 fois le salaire mensuel moyen de tout autre travailleur hexagonal, mais là n'est pas la vraie question.

Non, ce qui intrigue vraiment c'est de savoir que lors de la saison 1997/1998, un joueur de Ligue 1 empochait en moyenne 15.245 euros par mois. Ce qui nous fait une augmentation de plus de 200 pourcent en moins de 15 ans. Alors, à qui profite l'inflation ?

Depuis l'arrêt Bosman, rendu en 1995, les clubs peuvent acheter autant de joueurs européens qu'ils le souhaitent. Enfin la liberté ! Mais il défini également que tout joueur en fin de contrat est libre d'aller où bon lui semble. Et cette liberté là n'arrange pas du tout les clubs qui engagent des millions d'euros sur leurs noms.

Depuis l'arrêt Bosman, rendu en 1995, les clubs peuvent acheter autant de joueurs européens qu'ils le souhaitent. Enfin la liberté !

Donc, pour les financiers du football, le jeu est simple : vendre absolument un joueur avant la fin de son contrat et si possible, bien sûr, plus cher qu'ils ne l'ont acheté. Vous sentez gonfler la bulle ?

La mécanique est simple : les clubs rallongent les contrats de leurs joueurs qui négocient en échange une augmentation de salaire, normal. Augmentation qui a du sens puisqu'elle donne plus de valeur au joueur, logique. Donc à sa revente.

Prenons un footballeur sous contrat pour 5 ans. Son club le vend au bout de 2 ans, les 3 ans restants sont donc rachetés au club par le nouveau propriétaire. Ce dernier a ensuite tout intérêt à faire lui aussi grimper les enchères avec en ligne de mire : sa propre revente.

On ne change pas une équipe qui gagne. Enfin presque. Car si l'argent sort, il peine à rentrer. En 2012, 60% des championnats européens ont fini la saison déficitaires. Mais après tout, ce qui compte c'est le sport n'est-ce pas ?

Comme pour Eliaquim Mangala, jeune et talentueux footballeur français acheté 6.5 millions d'euros par le FC Porto en 2011. Le club portugais, côté en bourse, vise alors la lucrative ligue des champions. Pas de chance, il ne sortira pas des poules. Du coup, le cours de son action chute.

Pour redresser la barre, le FC Porto met en vente 33% d'Éliaquim Mangala, ou plutôt de ses droits. C'est le groupe Doyen, spécialisé dans l'extraction d'uranium, de charbon et d'or, qui signe le chèque. Plus de 2,6 millions d'euros. Il devient ainsi co-propriétaire du joueur. Mangala, lui n'a rien signé, il apprendra son nouveau partage par la presse.

Après tout, le joueur de foot est un produit financier comme un autre. Et même plutôt rentable. Falcao, l'attaquant Monégasque a permis à son propriétaire, un fond d'investissements néérlandais, une jolie culbute de 167%.

Mais le soucis, c'est que l'argent a vite fait de tourner en vase clos. Le groupe Doyen, qui s'est offert un tiers de Mangala, a investi dans 23 joueurs en tout. Et quand le FC Porto joue contre Séville, le groupe lui, joue sur les deux tableaux puisqu'il détient des joueurs des deux côtés.
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Joli tour de passe-passe : pendant que l'on regarde le match, personne ne surveille où va l'argent qui sort du portefeuille des supporters, ceux qui portent réellement cette industrie.

Et ça nuirait à la beauté du sport ? Voyons...

Crédits

Crédits
Un programme court proposé par Premières Lignes Télévisions et Story Circus en coproduction avec France Télévisions.
Écriture Julien Goetz
Réalisé par Julien Goetz & Henri Poulain
Directeur artistique Henri Poulain
Graphiste Laurent Kinowski
Sound design Christophe Joly
Productrice exécutive Laurence de Rosière
Production exécutive StoryCircus
France 4 / France Télévisions Nouvelles Écritures Boris Razon

Cécile Deyon

Renaud Allilaire

Christophe Cluzel

Administratrice de production Sandrine Miguirian